JE SUIS UN LOUUURD ! MAIS JE ME SOIGNE

La meuf portait une jupe moulante, il faut pas s’étonner si elle reçoit des remarques !

Ce sont les harceleurs hypothétiques qui doivent adapter leur comportement et pas les personnes harcelées. Rien ne justifie une remarque. Il est très peu probable qu’un inconnu t’aborde (oui… même si ça arrive) pour te dire que « Hé, t’es joli toi. » c’est bizarre non ? Donc, c’est pareil pour les filles dans la rue. La rue n’est pas propice aux compliments, à la drague. La rue n’est pas un supermarché de filles à ta disposition. Rajoutons encore que le harcèlement n’est jamais voulu, il est toujours subi. Ce n’est pas à cette meuf en jupe moulante de changer son comportement (d’ailleurs, QUEL COMPORTEMENT ?), c’est à toi d’accepter que, de nos jours, les meufs et tout le monde d’ailleurs, ont le droit de circuler librement dans les espaces publics sans crainte d’être harcelé(e)s. Comme le dit la présidente de l’association: « On ne harcèle pas des tenues vestimentaires; on ne viole pas des tenues vestimentaire, mais on harcèle et on viole des personnes! ».

Si on peut même plus faire un compliment à une fille qu’on trouve jolie dans la rue sans qu’elle prenne ça pour du harcèlement, on va où ????

Cette fille dans la rue n’est pas en mode drague. La rue n’est pas considérée comme un lieu adéquat à la drague par la majorité des filles. Certes, un compliment peut partir d’une bonne intention. Mais souvent, cette fille dans la rue va entendre des compliments mêlés de remarques sur son physique, souvent à caractère sexuel, et ce tout au long de la journée. Et franchement, une fille se déplace dans la rue dans le but de transiter d’un point A à un point B. Faire un compliment à une fille dans la rue s’apparente à lui faire comprendre qu’elle s’est faite jolie pour toi et qu’elle est à ta disposition. Or, tu es un inconnu et ce discours est déplacé.

C’est un peu exagéré d’interdire les compliments dans la rue je trouve. C’est quoi la différence entre ce qui est permis et du harcèlement de rue du coup ?

Chez MILLE SEPT SANS, on aime la drague mais il y a une ENORME différence entre de la drague et du harcèlement. Ah bon ? Oui, la drague devient harcèlement quand la personne que tu sollicites exprime son refus d’entrer en mode drague avec toi. Un NON ou un silence devraient suffire. La drague, C’EST ENTRE DEUX PERSONNES CONSENTANTES et qui se respectent mutuellement. Tu vois comment ? Pour la majorité des filles, la rue n’est pas un espace propice à la drague. Si tu veux tout de même tenter, reste poli et courtois, OK ?

Souvent, j’ai l’impression que la fille me prend pour un Louuuuuuurd !, alors que je la complimente parce que je la trouve jolie.

Complimenter, c’est cool. Commenter, c’est pas cool du tout par contre. Souvent, les compliments que les filles reçoivent dans la rue sont basés sur leur physique. Ok, il y en a qui aime ce genre de choses mais, souvent, une fille n’a pas envie d’être juste un physique ou un joli sourire. Il y a aussi tous les enjeux de pouvoir là-dedans. Une fille dans la rue aura l’impression qu’elle s’est faite jolie pour toi, genre qu’elle est à ta disposition. Or, c’est faux ! Et une fille qui reçoit des compliments, reçoit aussi des remarques limites limites ou complètement déplacées pendant toute sa journée parfois. Du coup, elle est découragée ou est super saoulée de faire le tri entre bonnes intentions et Louuuuuurd !. Du coup, à la longue, la rue est une jungle psychologique où tu dois subir des remarques qui ne te font pas ou plus du tout plaisir. La rue, c’est devenu un espace intimidant. C’est pour ça que, franchement, les compliments c’est peut-être une bonne intention à la base mais, au final, c’est une attitude perçue comme machiste car c’est une remarque qui n’est pas sollicitée par la fille dans la rue.

Je sais que si le gars qui siffle est beau, la fille, elle va pas considérer ça comme du harcèlement.

Franchement, y a des filles qui aiment se faire siffler mais, pour la majorité d’entre elles, c’est subi comme une petite agression que le garçon soit beau ou non. Encore une fois, la rue n’est pas un supermarché où les filles – que tu sélectionnes selon des critères physiques – sont à ta disposition. Les filles, pour l’énorme majorité d’entre elles, ne pratiquent pas la drague dans la rue et ne sont pas des harceleuses. Elles sont introverties dans leurs pulsions de séduction.

Les mecs qui harcèlent, c’est souvent des mecs d’un certain type ou d’une certaine origine.

Faux, le harcèlement de rue n’est pas corrélé à un type de mecs ou à des mecs d’une certaine origine. Il y a des harceleurs parmi TOUTES les catégories sociales, aussi bien chez les riches, les pauvres, les mecs d’ici, les mecs de là-bas, les hipsters, les banquiers, les ouvriers, BREF… Les harceleurs c’est united colours. Il existe une diversité dans le harcèlement, comme dans le stéréotype du harceleur. On constate que si une personne a un profil de harceleur et souhaite harceler des personnes autour d’elle, elle le fera dans tous les milieux, parmi toutes les strates de la société et sous toutes les formes. Par exemple dans la rue et les espaces publics, on parle de harcèlement de rue; au travail, cela peut être du mobbing ou du harcèlement sexuel; à la maison, cela peut être du harcèlement psychologique. En gros, si une personne a un profil de harceleur, elle va trouver un espace pour harceler.

Y a des enfants qui crèvent de faim en Afrique, vous trouvez pas que le thème du harcèlement de rue c’est rien en comparaison ?

Notre démarche n’est pas de faire une catégorisation des thématiques par leur degré de gravité ! Notre démarche c’est de dénoncer, de sensibiliser et de prévenir le harcèlement de rue. Peut-être que tu ne trouves pas cette thématique d’une gravité importante, mais sache que, pour certaines filles, le harcèlement de rue a conduit à des agressions physiques, voire à des viols (pour aller dans ton sens de la gravité). Mais, dans notre démarche, dès que quelqu’un ressent une forme de harcèlement dans l’espace public, c’est déjà assez grave pour réagir ! Nous agissons à notre échelle.

Des remarques, ça reste des paroles, c’est bon enfant, c’est pas grave !

Les paroles sont tout aussi graves que les gestes. Les remarques blessent et peuvent détruire de l’intérieur. Le harcèlement de rue peut, à la longue, causer des dommages psychologiques et émotionnels sur les personnes qui en sont victimes. A long terme, les personnes qui subissent du harcèlement de rue peuvent voir leur confiance en elles diminuer. La pratique de harcèlement de rue entraîne aussi une limitation de l’accès aux espaces publics. Et souvent, les personnes qui subissent ce harcèlement doivent mettre en place des stratégies pour éviter de le subir sur leurs trajets quotidiens. Ces personnes vont emprunter un chemin au lieu d’un autre etc. et, à long terme, éviter de fréquenter certains lieux publics pour ne plus subir de harcèlement. Or, chez MILLE SEPT SANS, tous les espaces publics doivent être accessibles à tous et tous les individus qui les fréquentent doivent s’y sentir en sécurité.

Les collectifs qui s’occupent de harcèlement de rue sont constitués de féministes frustrées et mal baisées qui considèrent que tous les hommes sont des violeurs.

Chez MILLE SEPT SANS, tous les êtres humains sont égaux. Tous les êtres humains ont le droit de se déplacer dans les espaces publics sans crainte de subir remarques et autres commentaires non désirés. Malheureusement, nous constatons que les premières cibles des harceleurs de rue sont les femmes et les personnes LGBTQI (lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, queer et intersexe). MILLE SEPT SANS est certes centré sur la problématique vécue par les premiers concernés par le harcèlement de rue, qui sont les femmes et les personnes LGBTQI, mais tente de rétablir le dialogue entre tous les êtres humains dans les espaces publics, pour qu’ils coexistent dans l’harmonie.
J’étais en train de regarder l’émission « Mise Au Point » du 15 janvier 2017 et je me suis senti un peu mal.
De base, je suis un garçon timide et qui n’a pas trop confiance en lui. L’été passé, après avoir suivi les conseils d’un ami, j’ai commencé à aborder des filles dans la rue. Je procédais comme ça : si je voyais une fille qui me plaisait dans un parc par exemple, je lui disais salut et je lui demandais si elle avait envie ou le temps de discuter. Je l’ai fait aussi en soirée. Et honnêtement, ça m’a vraiment permis de gagner confiance en moi en général dans la vie. Donc ça m’a un peu attristé de voir que ma démarche était considérée comme très problématique dans le reportage et du coup, je voulais vous le dire et vous demander où est-ce que commence le harcèlement ?

Chez MILLE SEPT SANS, toutes les initiatives qui permettent aux personnes de gagner de la confiance en elles sont de bonnes initiatives. Mais il y a un grand MAIS. Ces initiatives ne doivent JAMAIS se faire au détriment d’autres personnes. Tu as le droit d’aborder une autre personne dans la rue, mais il y a des limites à ne pas franchir. La plus importante de ces limites, c’est la ligne du consentement. Tu peux aborder une personne, mais si elle te dit non ou elle ne te répond rien, tu dois t’arrêter et respecter son refus ou son silence. Au-delà, c’est du harcèlement. Autrement dit, la drague c’est un art de séduction entre deux personnes consentantes. Mais qu’en est-il des sifflements? Les sifflements sont également des formes de harcèlement. On ne siffle pas des personnes, mais des mélodies, des verres ou des animaux. Et qu’en est-il des compliments? Les compliments sont également une forme de harcèlement s’ils ne sont pas consentis. Mais entre nous, la majorité des femmes n’aiment pas ce genre d’interactions dans la rue, car elles ne se sont pas faites « jolies » pour toi. En effet, en déclarant « Je te trouve très jolie. » ou « Jolie robe! » etc. tu exerces une sorte d’autorité sur la personne qui subit ce « compliment ». Alors qu’aux dernières nouvelles, chacun a le droit de disposer de son corps comme il le souhaite et doit être libre de le faire sans être jugé par autrui. En somme, la personne qui aura subi le « compliment » se sentira comme un vulgaire bout de charcuterie/objet sexuel, alors que cette personne c’est aussi un être doté d’une personnalité et d’un cerveau avant tout!

J’entends souvent dire de la part des hommes qu’ils se sentent harcelés par les femmes qui provoquent. Par exemple, ils disent ne pas savoir où regarder quand une femme a un décolleté qui fait voir une partie de ses seins.
Comme le harcèlement sexuel est une question de ressenti et que certains hommes se disent harcelés, pensez-vous que dans ce genre de situations, on peut parler de harcèlement sexuel des hommes?

Sur la question de la provocation, c’est un peu triste et réducteur que de penser qu’un décolleté n’a pour but que de provoquer. Libres à toutes les personnes de s’habiller comme elles le souhaitent et de disposer de leur corps. On ne harcèle, ni ne viole des tenues vestimentaires, mais bien des personnes! Et c’est également très réducteur pour les hommes que de dire « qu’ils ne savent pas où regarder ». Aux dernières nouvelles, les hommes ne sont pas des êtres régis par leurs pulsions sexuelles, mais bien des êtres dotés d’une personnalité et d’un cerveau. Sur la question du harcèlement sexuel, on peut parler de harcèlement sexuel s’il y a présence de gestes ou de propos obscènes. Porter un décolleté n’est pas un geste ni un propos obscènes, il n’entre de ce fait point dans la catégorie de harcèlement sexuel, ni de harcèlement.

Je suis un homme, j’ai 29 ans, je suis en couple depuis un moment et je suis sensible à la cause en question. (Je crois pas être un lourd mais qui ne l’a pas été au moins une fois). Bref, je veux aussi dédiaboliser un peu la pratique (de la drague dans la rue) tout en affirmant clairement que je la condamne. Certes, un grand nombre d’hommes qui abordent une fille dans la rue et je ne parle que de ceux qui le font avec classe et respect, ne pensent tous simplement pas au fait qu’avant lui, il y a 20 gros lourds qui ont cassé son approche. Ça me rappelle la fois où une femme a fait tomber ses clefs et où je lui ai couru après pour les lui rendre. Quand je dis « couru après », c’est pas comme dans le clip de Faudel « Tellement je pense à toi ». La femme en question m’a interrompu pour me dire : « Ha putain, vous êtes lourds! Lâchez-moi ». A peine j’avais dit : « Madame »… à méditer sur qui a été la victime dans ce cas. Sans parler du fait que je ne vois pas où est le mal de faire une approche respectueuse, subtile et classe dans la file d’attente du guichet de la poste ou à la caisse du supermarché. Car si c’est du harcèlement, alors je plaide coupable ! Sans cela, je ne serai pas en couple avec ma compagne depuis maintenant 2 ans. Messieurs, quand une femme vous dit non, on s’excuse du dérangement et on accepte le non. Mesdames, essayez de dissocier au mieux les lourds des types qui ont pris leurs courage à 2 mains, qui ont sué 5 minutes avant d’oser vous dire bonjour sans avoir la voix tremblante. Pour finir sur une touche d’humour, si je puis me le permettre, il vous faut enfermer toutes les femmes chez qui le « Hé Madame, t’est bonne » a fonctionné.
 

Nous ne cesserons jamais de le répéter, mais il y a une ÉNORME différence entre le harcèlement dans les espaces publics et la drague dans les espaces publics. La différence? Le consentement. En effet, tu as le droit de tenter une approche avec une femme que tu as rencontrée dans la rue, à la poste ou à la caisse d’un supermarché. Mais si la femme en question refuse tes avances ou ne répond rien à ta sollicitation, il faut respecter son refus ou son silence et cesser immédiatement ta tentative d’approche. Les espaces publics et surtout la rue, sont devenus des espaces où règnent tensions et insultes. C’est pourquoi, la dame qui a laissé tomber ses clefs t’a répondu de cette manière. Les personnes qui subissent du harcèlement dans les espaces publics sont souvent « sur la défensive » ou en « état d’alerte permanent », car c’est un mécanisme de défense (légitime). Chez MILLE SEPT SANS, nous ne condamnons en aucun cas les tentatives de drague dans les espaces publics, tant que cette drague est respectueuse et consentie entre deux personnes respectueuses et consentantes. MILLE SEPT SANS lutte pour que les espaces publics soient des espaces collectifs où règnent paix et amour et où les tensions et l’état d’alerte permanent n’existent plus. Mais pour ce faire, il est nécessaire de sensibiliser toute la population sur ce qu’est le harcèlement dans les espaces publics et pourquoi il est important de le faire disparaître. Les comportements de lourds doivent être systématiquement dénoncés et bannis des espaces publics, ainsi, les femmes n’auront plus à dissocier les tentatives lourdes de drague et les tentatives sincères de drague respectueuse et consentie.

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