TEMOIGNAGES

Femme, 25 ans

«Un dimanche après-midi, me voilà dans le train pour un long trajet. Il y a peu de monde dans le train et je m’assieds dans un wagon où il n’y quasiment personne. J’écoute de la musique et somnole un peu. Tout à coup, j’ouvre les yeux et vois qu’un homme s’est assis en face de moi en diagonale. J’ai envie d’être tranquille, je l’ignore complètement et me rendors un peu. Tout à coup, du coin de l’œil, j’aperçois sa main s’agiter frénétiquement de haut en bas. Ce monsieur a son pénis dehors et se masturbe en me regardant. Je le regarde dans les yeux, son regard est imperturbable et insistant, je n’arrive que dire « vous êtes dègue » et me barre avec toutes mes affaires le plus vite possible. Je change de wagon. Il me suit. Je change à nouveau de wagon. Je n’arrive à penser à rien, je suis sous le choc. Il me reste 1h de train. J’ai bien pensé à aller prendre en photo cet homme, mais j’avais juste envie de rester le plus à distance de lui. Le contrôleur du train arrive à ma hauteur, je lui parle de l’événement, il me regarde avec une certaine indifférence. J’ai l’impression que je viens de lui annoncer que j’ai perdu une chaussette. Il me demande de lui décrire cette personne et s’en va sans rien dire de plus. Je ne sais pas trop quoi faire. Après un moment de réflexion, je pars à la recherche du contrôleur, pour exprimer mon mécontentement à propos de son attitude. Toujours indifférent, la discussion ne mène à rien, il n’exprime aucune empathie et même franchement aucun intérêt. Il trouve d’ailleurs que cette personne « n’a pas la tête à faire ce genre de choses ». Je demande donc le nom de ce contrôleur et lui dis que je ferai suivre l’affaire à sa hiérarchie, ce que j’ai fait le lendemain. Arrivée enfin chez moi, je lâche mes impressions au coloc présent à la maison qui me dit que je surréagis totalement et que je perds mon énergie à être indignée pour ça. Il m’écrit une lettre par la suite pour s’excuser d’avoir « donné l’impression de minimiser les faits » en mentionnant quand même qu’il est « plus choqué par les inégalités salariales que par un demeuré qui se branle dans le train ». »

 

Femme, 26 ans

« Novembre 2013 : Je sors de mon bus de nuit au Schoenberg. Il est approximativement 3h50. Je rentre du boulot, je suis fatiguée. Je marche un bout, là je vois une voiture qui ralentit et je me dis « arf un type va en sortir et il va m’accoster »… c’est exactement ça. Le type me suit. Il a entre 20 et 30 ans, grand et sec. Je refuse tout ce qu’il me propose ou me demande. Il ne veut pas me lâcher. On arrive devant chez moi, je sors mes clés pour ouvrir la porte de mon immeuble. Ça me met mal, car il sait où j’habite. Donc je sors mes clés. Là, il bloque la porte et me dit que je dois lui donner un baiser sur la bouche si je veux pouvoir rentrer chez moi. Là j’ouvre la porte et je tire de toutes mes forces pour pouvoir rentrer, j’y arrive et je tire de toutes mes forces une fois de l’autre côté pour empêcher le type de rentrer. Là, je le vois qui s’énerve et qui essaie de forcer la porte. Je monte dans l’ascenseur et j’arrive chez moi. Le lendemain, je constate que la porte de l’immeuble est cassée, le verrou a sauté. »

« Juillet 2014 : Je sors du boulot à 3h26 pour prendre mon bus à la gare à 3h30. Un type me crie dessus, puis me crache dessus par derrière. C’est un client, il n’a pas aimé ma manière de lui refuser ses propositions à caractère sexuel un mois plus tôt à mon bar. Je poursuis mon chemin en lui disant que c’était inadmissible ce qu’il a fait. Il me traite de salope et de pute. Il me poursuit et lève sa main à mon visage. A ce moment, un jeune homme lui barre la route et fait comme si on se connaissait. Le client continue de se montrer violent et agressif. Le jeune homme me protège. Il y a la queue à l’entrée du bus, je devance et bouscule des jeunes femmes et je montre au chauffeur que j’ai peur et que je suis en danger. Il ferme une porte, puis la deuxième. A la suite de cette agression, j’ai décidé de porter plainte contre ce client. Les motifs sont voie de fait et injures. J’ai appris par la police qu’il avait agressé une autre femme deux jours après mon agression. La police, après ma déposition (je ne connaissais pas son identité, mais ai fait une description très précise), l’a retrouvé très très rapidement. Cette personne devra simplement payer des amendes. La police m’a appris qu’il ne regrettait rien et qu’il était prêt à recommencer. J’ai porté plainte cette fois, car il s’agit d’un client et que le fait de m’agresser en dehors de mes heures et de mon lieu de travail est effrayant et inadmissible. Mes anecdotes d’agression sont assez banales en soi. Ce qui ne l’est pas, c’est le fait de porter plainte. Cela doit être systématique et banal. »

 

Femme, 24 ans

« En rentrant d’un festival à vélo vers 1 heure du matin, un homme m’a suivi. Lui était un scooter et donc me suivait sans aucun souci. Lorsque je me suis retrouvée au milieu du pont de Pérolles, et donc bloquée sur la route sans moyen de virer à gauche ou droite sans me suicider, l’homme est venu à ma hauteur. Il m’a alors demandé : « ça va Mademoiselle ? ». Je lui réponds que « Oui, ça va » d’un ton ferme et strict. L’homme freine et s’éloigne de moi. Je me sens alors soulagée et j’ai l’impression d’avoir gagné contre lui. Mais l’homme revient et lorsqu’il arrive à mon hauteur, il me fesse. Oui, vous avez bien lu ! IL ME TOUCHE LES FESSES et s’en va en klaxonnant, tout content. J’ai hurlé, je l’ai insulté, j’ai pleuré, je n’ai plus pu pédaler et je me suis cachée. Tétanisée, je n’osais poursuivre. M’attendait-il quelques mètres plus loin ? J’ai alors appelé mon père qui est venu me chercher. Ce n’est pas la première fois que je suis victime de harcèlement de rue. Il est vraiment nécessaire que cela s’arrête ! Je refuse de restreindre mes déplacements, mes sorties, et donc de limiter mes choix à cause de ce type de harcèlement. La rue n’appartient pas au genre masculin. »

 

Femme, 25 ans

« J’ai habité à Villars-Vert pendant quelques années. Un soir, je suis rentrée en bus vers 23h30. Arrivée dans le quartier, un type allant dans la même direction que moi commence à me faire la conversation. Je réponds vaguement un bonsoir et un hmm… J’habitais le dernier immeuble de la rue. Une fois à la hauteur de mon immeuble, je demande au gars s’il vit aussi ici. Il me dit que oui, mais il est bizarre. Alors je commence à comprendre que je suis dans la merde. Il ne me semble pas que c’est un de mes voisins et il n’a pas l’air honnête. Devant la porte, je lui dis que s’il vit ici, il peut ouvrir la porte. Il me répond qu’il n’a pas ses clés. Je flippe, j’ouvre la porte et me mets à courir dans l’escalier. Il me court après, mais j’ai réussi à rentrer dans mon appartement et à difficilement refermer la porte sur lui. Il est bien resté cinq minutes à essayer de l’ouvrir avant de s’en aller. »

« Le printemps dernier, lors d’un trajet de bus sur Pérolles aux heures de pointe, le bus était bondé et tout le monde était entassé. Un type – une tête de moins que moi, la quarantaine – était collé à moi et donnait un coup de bassin contre moi à chaque mouvement du bus. J’ai mis un moment à comprendre que le type bandait dans son pantalon et qu’il se frottait contre moi. Sur le coup, je n’ai pas osé réagir car j’étais choquée. Finalement, je lui ai mis un coup de coude dans les côtes. Mais il a recommencé au prochain mouvement de bus. Je n’ai rien fait, je n’ai rien dit, je n’ai pas osé et je me suis sentie conne. Je suis juste sortie du bus… »

 

Femme, 29 ans

« Je marchais en ville un dimanche après-midi accompagnée d’un ami (je précise de sexe masculin) et un homme s’est approché de moi en me demandant si je voulais du sexe avec lui. N’ayant pas tout de suite compris, nous lui avons demandé de répéter. Je lui ai dit : « ça va pas la tête !? » et lui ai demandé poliment de nous laisser tranquilles. L’homme nous a poursuivi sur plusieurs mètres en insistant sur le fait qu’il voulait mon numéro de téléphone. Il ne parlait pas bien français. Je lui ai dit que s’il continuait à nous suivre j’allais appeler la police. Il a encore insisté, toujours en nous suivant. Puis nous avons eu peur et nous avons accéléré le pas pour nous réfugier dans un kebab afin de le semer. La mésaventure en est restée là. »

 

Femme, 25 ans

« Je rentre du travail à 4h du matin lorsque j’entends derrière moi la voix d’un homme qui me hèle. Je me retourne vaguement mais remarque qu’il est pas mal alcoolisé alors je décide de l’ignorer. Rapidement ses « Hé! » se transforment en « Suce-moi la bite! » « Vas-y! 50.- la pipe! ». En guise de réponse, j’accélère le pas tandis que lui continue à me balancer ses horreurs. Je n’arrive à lui répondre qu’une fois arrivée à la hauteur de ma maison car je me sens enfin en sécurité. Là je lui exprime toute ma colère et lui dis qu’il devrait avoir honte de parler ainsi à des femmes dans la rue. Là-dessus, il me répond que c’était uniquement une proposition et que je n’avais qu’à lui répondre au lieu de l’ignorer… »

 

Homme, 45 ans

« Mon témoignage est un peu hors du commun mais démontre quand même dans quel monde les femmes et filles évoluent de nos jours. C’était sur une terrasse de Fribourg, je buvais mon café tranquille, à la table d’à coté deux hommes dans la cinquantaine, bcbg. Ils regardaient les filles (sortie de collège) passer. A un moment, l’un des hommes dit a l’autre : « tu vois celle la? (montrant du doigt une fille qui devait avoir entre 15-16 ans), dans 10 ans elle sera « bonne »! »… Je me suis retourné pour leur faire comprendre que cela était complètement déplacé et à la limite de la pédophilie d’avoir des pensées pareilles. Et sa réponse était : « mais tu est pédé toi? »… Malheureusement, on doit se contenir dans ces moments, dire que des hommes pareils ne se rendent pas compte que l’être humain pourrait leur faire du mal rien qu’avec une tasse à café… J’en étais retourné toute la journée et les publicités de magasins d’habits qui utilisent l’image de la « Lolita » me riaient au visage en m’ayant démontré leur impact dans le cerveau masculin en faisant tomber des barrières… »

 

Femme, 23 ans

« Je rentre de l’école, il est 17h00, le bus est bondé. Un type très grand, d’une quarantaine d’années, est collé derrière moi. Je m’aperçois qu’il fait des mouvements bizarres avec son bassin à chaque mouvement de bus. Ce n’est qu’après un moment que je me suis rendue compte qu’il se frottait contre moi. J’étais choquée, je n’ai pas osé réagir et je suis sortie du bus. J’ai porté plainte contre inconnu et la police a réussi à le trouver grâce aux caméras des bus. Il a reçu une amende… »

 

Femme, 27 ans

« Plus qu’un témoignage, il s’agit d’un texte que j’ai écrit sur mon blog et que je vous invite à lire : voyages d’une plume. Je voyage beaucoup et malheureusement partout où je suis allée j’ai été victime de harcèlement de rue… J’en suis donc venue à me demander s’il s’agit à chaque fois de harcèlement ou si, dans certains endroits, il pouvait être question de culture, de traditions… »

 

Femme, 27 ans

« Ma sœur venait en vacances à Fribourg (elle habitait aux USA à l’époque). Nous avons décidé de sortir toutes les deux et j’étais très contente donc je me suis apprêtée. Je suis en surpoids mais ça ne m’empêche pas d’être très coquette. J’avais une belle robe noire courte, des talons très chics et hauts, des accessoires, bien maquillée, bien coiffée : je me trouvais belle… A peine arrivées en ville, arrêtées à parler avec des amies devant Manor, un groupe de mecs lancent des insultes à mon égard : « si j’étais aussi grosse, je mettrais pas ce genre de robe », « regarde celle-là comme elle a sorti ses grosses fesses », etc etc. Ma sœur entend et me propose de marcher et d’aller plus loin… Plus loin, pareil, alors qu’on était assises à l’arrêt de bus deux mecs lancent de loin « Hey ça va on peut parler avec toi? Parce que nous on aime trop les grosses »… Moi de répondre « bah c’est dommage, moi j’aime pas les cons ». J’avais les larmes aux yeux, ma soeur m’a proposé de rentrer, ce qu’on a fait. Ces pauvres mecs ont gâché notre soirée alors qu’à la base je me sentais belle… »

 

Femme, 21 ans

« Eté 2012, journée hyper ensoleillée, je porte un short, un chapeau et des petites baskets. J’attends un train pour rejoindre des amis. Un type sur le quai s’approche de moi, il a l’air un peu paniqué, je décide d’enlever mon casque pour lui venir en aide. Il me dit « avant de te voir j’étais comme mort… ». Ok, un gros lourd. Je remercie, remets mon casque et monte dans le train. Il monte avec moi. Je m’installe, sors un livre, envoie un SMS à mes amis pour les prévenir que je suis suivie, et fais semblant de lire le livre le temps du trajet, sentant le regard plus que présent du Monsieur sur moi. J’arrive à destination, sors du train et commence à courir. L’Homme me court après, m’attrape à la gorge, me plaque contre un mur, sous les regards livides des passants. J’arrive à m’en dégager et reprends ma course de plus belle. Je me jette dans le premier bus qui passe et arrive à le semer ainsi. Sous le choc, j’appelle ma mère pour lui raconter. Elle me réplique que je devrais être flattée de plaire aux hommes. Le soir, mon père me dit « non mais, quelle idée de porter un short aussi… c’est normal que ca te soit arrivé ! » »

 

Femme, 24 ans

« Alors que je n’étais qu’une ado, je prenais le bus pour me rendre au collège. Je devais avoir quelque chose comme 16-17 ans. Tous les passagers étaient extrêmement serrés car c’était l’heure de pointe. Accrochée tant bien que mal à la barre du bus, j’attendais d’arriver à mon arrêt. C’est alors que j’ai senti une main sur ma cuisse. Rien de bien grave, pensais-je, avec tout ce monde, les contacts sont difficiles à éviter. Bien mal m’en prit. Quelques secondes plus tard, une main me touche à nouveau, mais cette fois remonte le long de ma cuisse.
Je n’ai jamais su à qui la main appartenait. Peut-être réagirais-je, maintenant que je suis mieux dans mes baskets. Mais je n’ai rien dit, ni durant l’action, ni par après à mes proches. J’ai eu l’impression d’être salie et utilisée. Je me suis sentie bête et j’ai préféré me taire. Avec le recul, je pense que ça n’était pas la bonne solution. »

 

Femme, 22 ans

« Eté 2014, fin d’après-midi. Alors que je suis au Schoenberg, en train de rentrer chez moi, un homme m’interpelle et me salue. Hésitante, je m’arrête pour lui répondre avant de faire mine de continuer mon chemin. L’homme continue de me parler, me poussant à rester immobile, gênée, alors qu’il commente ma robe ainsi que les cicatrices d’opération que je porte sur l’une de mes jambes. Après m’avoir montré celles qu’il portait à la main, il glisse sa main sous mon genou sous prétexte d’examiner ma jambe et tente de remonter jusqu’à mes cuisses. Je l’en empêche et fait un pas en arrière avant de lui expliquer que je ne suis pas intéressée et que je préfère les femmes. Sourire immense sur le visage, lui m’explique que lui « sait faire comme les femmes » et « peut me montrer ». Livide, je prends à peine le temps de dire non et de bafouiller une excuse avant de m’éloigner, presque en courant. Je n’étais pas très loin de chez moi, à peine une centaine de mètres et pourtant je n’ai pas osé regarder derrière moi pour voir s’il me suivait. Une seule chose m’importait à ce moment-là : être en sécurité.

Les jours qui ont suivi, je n’ai plus osé emprunter ce passage pour rentrer chez moi. Je crois d’ailleurs avoir revu l’homme, il m’a saluée alors que je traversais la gare avec une amie mais j’ai préféré l’ignorer. »

 

Femme, 27 ans

«Pendant une soirée à Fri-Son en décembre 2016, alors que j’étais DJ, plusieurs hommes me regardaient mixer et me demandaient de sourire. L’auraient-ils fait si j’avais été un DJ masculin ? Non, je ne pense pas. Autre situation intéressante, mais très irrespectueuse et inconfortable, alors que je mixais, un homme a réussi à venir sur scène et a commencé à se frotter à moi et à me toucher… Encore une fois,l’aurait-il fait si j’avais été un DJ masculin ? Non, je ne pense pas.»

 

Femme, 72 ans
«Oui, j’ai 72 ans et je voudrais dire que la dernière fois que je me suis faite harcelée, c’était il y a 10 ans. J’étais de sortie avec mes élèves dans le grand parc de la Pontaise (Lausanne) en face du Bâtiment Administratif de la Pontaise. Les élèves de sexe masculin (12-16 ans) faisaient les singes et les gamins sur les jeux et je bavardais avec mes élèves de sexe féminin de tout, de rien, de la vie à l’ombre des arbres, il faisait doux..
Un peu plus loin un petit groupe de personnes. Et tout à coup, il y en a un qui me crie: « VA DONC MAL BAISEE.. ». Et je réponds du tac au tac: « MONSIEUR SI JE SUIS MAL BAISEE C’EST A CAUSE DE VOUS LES HOMMES!!!! ». Et mes élèves de sexe féminin (bosniaque, kosovare, portugaise de 13 16 ans) ont répondu: « MAAAADAAAAAAME, heu vous vous rendez compte de ce que vous leur dites? ».
Moi: « Eh bien mes élèves, voilà ce qu’il faut répondre quand les hommes ne vous respectent pas!!! »
Pour mémoire, si nous sommes devenues si féministes dans les années 60, 70, c’est parce que tout à coup, on en pouvait plus de toutes ces mains, tous ces mots sales et dégueulasses, toute cette peur qui nous empêchaient de nous promener où et comme on voulait….Pour mémoire, à New York années 70, nous avions un sifflet dans la poche et si nous étions en danger on sifflait. Pour mémoire, à Montréal nous étions inscrites dans des cours de WENDO self défense et tout à coup on marchait plus droite plus fière plus…. »walk tall ». Voilà un petit témoignage. Le harcèlement ça date depuis TOUJOURS…..les femmes et les homos devront toujours se défendre ce ne sera jamais réglé, c’est une lutte toujours recommencée. Je ne suis pas homo mais je sais….. Merci de m’avoir lue. Je suis disponible pour des petits cours d’histoire…»
Femme, 22 ans
«2016, un mardi soir aux alentours d’une heure du matin, je rentre chez moi après une soirée avec des ami-e-s. En passant devant La Poste de Tivoli, je croise un groupe de mecs – dans mes souvenirs, nous avons a peu près le même âge. L’un d’eux s’arrête et hèle ses potes : « Vas-y, mate la mini jupe ! ». Je suis seule. Je porte un manteau par-dessus ma robe et des collants. Je sais qu’il parle de moi. Immédiatement, ma tête bouillonne : Je n’ai rien demandé. Je n’ai pas envie d’être « matée » ! Je suis en train de rentrer chez moi et je suis fatiguée ! Pourtant, je choisis de me taire – mes écouteurs vissés sur mes oreilles sont d’excellents prétextes. Je continue donc mon chemin sans sourciller et c’est là que j’entends derrière moi : « Hé ! Réponds ! Tu pourrais être un peu respectueuse quand même ! »

… et pourtant je choisis de me taire…

Stratégie de protection d’une femme seule voulant éviter une altercation frontale avec un groupe d’hommes dans la nuit ou intériorisation des sempiternels « conseils » sur la manière dont je devrais en tant que femme m’habiller dans l’espace public ; pour ne pas attirer l’attention, mieux vaut ne pas porter de collants et autre blabla ? Je ne sais, mais ce qui est certain, c’est que je trouve cela fatiguant.»

 

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