COMMUNIQUES

Communiqués que MILLE SEPT SANS adresse au public.


10 juin 2020 – BLACK LIVES MATTER

Toute l’équipe de Mille Sept Sans est absolument révoltée par le meurtre de George Floyd, homme noir américain, tué par un policier blanc le 25 mai 2020 à Minneapolis, aux Etats-Unis. Nous condamnons cet acte raciste et nous soutenons #blacklivesmatter.

En l’espace de deux semaines, George Floyd est devenu le symbole de la violence policière anti-noir, mais n’oublions pas qu’il était également un fils, un père, un ami, un frère, certains le connaissaient aussi sous l’acronyme Big Floyd, lorsqu’il rappait sur les beats de Dj Screw dans la fin des années 1990.

George Floyd fait partie d’une longue liste de personnes noires assassinées par la police aux Etats-Unis. En Suisse, la police vaudoise est “sous le feu des critiques depuis une série d’arrestations controversées qui ont abouti, pour certaines, à des décès encore inexpliqués”(1). On pense à Mike Ben Peter, Lamine Fatty, Hervé Mandundu, Claudio et bien d’autres, trop nombreux. Les enquêtes sur leurs morts manquent cruellement de transparence et renforcent le sentiment d’injustice et d’impunité.

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En tant qu’association qui lutte activement contre le harcèlement de rue depuis 2015, nous sommes en mesures de témoigner des points suivants à propos du profilage racial (2), également nommé “délit de faciès” :
Premièrement 
Le harcèlement de rue est une problématique récupérée et instrumentalisée par des partis politiques, des mouvements citoyens, des groupuscules et certains médias afin de criminaliser et ériger les hommes racisés présents dans l’espace public, en boucs-émissaires.

Deuxièmement
Les personnes racisées (tout genre confondu) présentes dans l’espace public sont davantage criminalisées, non pas parce qu’elles sont plus criminelles, mais parce qu’elles sont plus surveillées et contrôlées par la police. On parle alors de profilage racial, en témoigne le secrétaire général du Carrefour de réflexion et d’action sur le racisme anti-Noir (CRAN) Kanyana Mutombo “Le profilage racial est une réalité en Suisse, c’est-à-dire que les personnes noires sont davantage visées au quotidien par des fouilles et des interpellations pour demande d’identité” (3).

Troisièmement
Le profilage racial, soit “tout agissement des forces de l’ordre lorsqu’elles ont recours à des généralisations fondées sur la race, la couleur, l’ascendance, la nationalité ou l’origine ethnique, plutôt que sur le comportement individuel ou des preuves objectives” (4) a des conséquences néfastes pour les personnes racisées qui souhaiteraient porter plainte et faire appel à la justice en tant que victimes.
Les préjugés des forces de l’ordre à l’encontre des personnes racisées victimes d’infraction(s) affectent :

– la manière de les accueillir au poste de police
– la manière de recevoir leur témoignage
– l’attitude générale, le ton et le vocabulaire choisis
– la prise au sérieux de leur expérience, surtout lorsqu’il s’agit de porter plainte pour une infraction de l’article 261 bis du CP (5).

Ce manque d’objectivité de la part des forces de l’ordre sur le traitement des affaires liées à des infractions commises sur les personnes racisées participe au renforcement du sentiment d’injustice et d’impunité.

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Dans le contexte actuel, nous réitérons notre appel à un traitement égal des personnes racisées dans l’espace public, que ce soit par les forces de l’ordre, les politicien.ne.s* lorsqu’iels votent sur des nouvelles mesures liées à l’espace public ou les médias.

Être noir.e* n’est pas une infraction. Rappelons que les études sur le harcèlement de rue, notamment celle menée à Bordeaux ne montrent pas “qu’il y ait une couleur et une classe de harceleurs, juste des variations culturelles de la domination masculine” (6).

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Nous appelons aussi à un traitement égal par les forces de l’ordre et le système judiciaire, des personnes racisées victime d’infraction(s). Selon l’étude empirique citée précédemment à Bordeaux : “les femmes racisées (et/ou discriminées parce qu’handicapées, vieilles, obèses) sont plus harcelées que les autres” (7). La notion d’intersectionnalité est alors fondamentale ici.

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Il est courant d’entendre que la police forme son personnel à raison de X heures comme le témoigne Georges Lozouet, porte-parole de la police neuchâteloise : “Nous consacrons un cours de sensibilisation à cette problématique. Ceci en plus des enseignements sur la diversité culturelle, l’éthique et les droits de l’homme. Les recrues sont appelées à traiter tous les citoyens d’égal à égal et à ne pas tomber dans les clichés. Des rencontres policiers-migrants sont également organisées chaque année par le Centre interrégional de formation de police. Nous avons du reste à l’instar de notre société des profils variés au sein de l’école de police.» (8).
Un cours, ce n’est pas suffisant.

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La machine judiciaire (forces de l’ordre, juges, procureur.e.s*, etc.) doit se débarrasser des préjugés à l’encontre des personnes racisées, mais également des femmes et des personnes LGBTQIA+. Elle doit intégrer le concept d’intersectionnalité et veiller au recrutement d’un personnel digne de confiance qui incarne lui aussi la diversité (de genre, d’orientation sexuelle et/ou amoureuse, de classes sociales ou encore de couleur de peau).

Le changement en profondeur de cette machine judiciaire nécessite de nombreux fonds, de la formation continue, du leadership, des organes externes de surveillance, des entités externes d’enquête lorsqu’il y a suspicion de violence policière/d’abus, le licenciement et la poursuite pénale des membres du personnel qui violent les droits des victimes et commettent des infractions, des abus, de la violence et des meurtres.

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Enfin, nous réitérons notre soutien à #blacklivesmatter. Mille Sept Sans est une alliée à la cause anti-raciste.

Nous vous encourageons à vous éduquer vous et vos proches, sur les questions de racisme, racisme systémique, racisme ordinaire, privilèges, etc. et à vous abonner/devenir membre/soutenir les associations qui luttent activement contre le racisme et le profilage racial en Suisse et surtout en Suisse romande (liste ci-dessous).

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Note : Les références proviennent volontairement de sources accessibles, rédigées dans un registre courant.

(1) Article du 18 septembre 2018 – Le Temps
https://www.letemps.ch/opinions/lausanne-un-rapport-medical-mort-mike-relance-question-violences-policieres

(2)“Le profilage racial désigne tout agissement des forces de l’ordre lorsqu’elles ont recours à des généralisations fondées sur la race, la couleur, l’ascendance, la nationalité ou l’origine ethnique, plutôt que sur le comportement individuel ou des preuves objectives, pour soumettre des personnes à des fouilles poussées, des contrôles d’identité et des enquêtes, ou pour déterminer leur implication dans une activité criminelle.” – Définition consultée sur https://www.un.org/fr/content/pdf/RacialProfiling-FRENCH-WEB.pdf

(3) Article daté du 05 juin 2020 – Swiss Info https://www.swissinfo.ch/fre/xénophobie-ordinaire_profilage-racial–discriminations–en-suisse–un-racisme-structurel-existe-aussi/45814462

(4) Définition consultée sur https://www.un.org/fr/content/pdf/RacialProfiling-FRENCH-WEB.pdf

(5) Art. 261 bis CP : https://www.ekr.admin.ch/bases_juridiques/f154.html

(6) Article daté du 29 septembre 2017 – Les Inrockuptibles https://www.lesinrocks.com/2017/09/29/actualite/actualite/pourquoi-la-penalisation-du-harcelement-de-rue-divise-les-feministes/

(7) Ibidem.

(8) Article publié le 5 décembre 2017 – Le Temps
https://www.letemps.ch/suisse/un-rapport-federal-epingle-discriminations-envers-noirs

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LECTURES COMPLÉMENTAIRES

Article du 06 juin 2020 – Rts Info – Mots clés : Suisse ; profilage racial ; témoignage ; ex-policier
https://www.rts.ch/info/suisse/11379580-un-ex-policier-temoigne-du-delit-de-facies-au-quotidien-aussi-en-suisse.html

Article du 27 avril 2020 – Rts Info- Mots clés : Suisse ; racisme ; rapport
https://www.rts.ch/info/suisse/11279295-toujours-plus-d-incidents-racistes-en-suisse-montre-un-rapport.html

Article du 18 septembre 2018 – Le Temps – Mots clés : Suisse ; violences policières ; Mike Ben Peter; profilage racial
https://www.letemps.ch/opinions/lausanne-un-rapport-medical-mort-mike-relance-question-violences-policieres

Situation du profilage racial/délit de faciès en Suisse : https://www.humanrights.ch/fr/dossiers-droits-humains/racisme/delit-de-facies/situation-en-suisse/

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ASSOCIATIONS/GROUPES/COLLECTIFS AFRODESCENDANTS SUISSES :

AEA UNIL- EPFL – L’Association des étudiant(e)s afro-descendant(e)s de l’Université de Lausanne est une association à but non lucratif qui a pour objectif de revaloriser les cultures afro-descendantes, et en explorer la sphère politico-intellectuelle.
https://www.instagram.com/aea_unil/

Allianz gegen Racial Profiling – Die Allianz gegen Racial Profiling – ein Zusammenschluss von Aktivist_innen, Kulturschaffenden und Wissenschaftler*innen of Color.
http://www.stop-racial-profiling.ch/
https://www.instagram.com/allianznoracism/

A Qui Le Tour – Le collectif est un mouvement apolitique, qui rassemble des jeunes d’ascendance africaine, ayant pour but le travail et le développement du “vivre ensemble”.
https://www.instagram.com/association.aquiletour/

Bla.Sh – Collectif afroféministe de femmes* en Suisse allemande

Collectif Afro-Swiss – Collectif Afro-Swiss est une association romande dont l’objectif est de militer contre le racisme anti∙Noir∙e.
https://collectifafroswiss.wordpress.com/6-2/?fbclid=IwAR0xEIMw7anU-y0zC_PHPcpl-euFAhZOS4rahQA4KPI8MMtw3jn0gJzMeeM

Collectif Amani – Collectif afro-féministe à Nyon.
https://www.instagram.com/collectifamani/

CRAN – Carrefour de réflexion et d’action sur le racisme anti-Noir
https://www.cran.ch/

Outrage Collectif – Collectif antiraciste politique, révolutionnaire et décolonial basé en Suisse romande.
https://outragecollectif.noblogs.org/
https://www.facebook.com/outragecollectif/
https://www.instagram.com/outrage.collectif/

UPAF – Université populaire africaine de Suisse
https://upaf-suisse.ch/


22 mars 2020 –  COVID-19, CONFINEMENT et HARCÈLEMENT DE RUE


Ces derniers temps, nous avons reçu de nombreux témoignages relatant des expériences de harcèlement de rue dans les espaces publics fribourgeois.

Franchement, si vous nous aviez posé la question avant les mesures de confinement, nous aurions plutôt estimé que le harcèlement de rue allait disparaître pendant de longues semaines. Mais force est de constater qu’il est toujours bien présent, voire renforcé et très visible.

Loin d’être insensibles à tous vos témoignages, nous ne pouvons qu’admettre que nous sommes assez démunies face à la situation.

Nous sommes en solidarité avec vous tou.te.s* et lançons un appel à l’adelphité.

Vos expériences et vos traumatismes sont valides et nous sommes à votre écoute en cas de besoin.

Agir concrètement n’est pas aisé lorsque tout est paralysé. Mais voici ce que nous vous recommandons (ce ne sont pas des injonctions, chacun.e* doit se sentir à l’aise) :

SI VOUS AVEZ SUBI DU HARCÈLEMENT DE RUE

1. Mettez un nom à ce que vous venez de subir.

2. Identifiez vos émotions (au moment de l’évènement, je me suis senti.e*… et maintenant je me sens…).

3. Dénoncez ce que vous venez de subir en témoignant sur vos réseaux sociaux, auprès de vos proches, en vous rendant sur notre site web sur la page témoignages et/ou en signalant sur EyesUp (téléchargez l’application). EyesUp est un excellent moyen de signalement, car l’équipe de bénévoles récolte des données qui servent à faire pression sur les politiques.

SI VOUS ÊTES TÉMOIN DE HARCÈLEMENT DE RUE

Quand la situation et votre état le permettent, agissez, sortez du silence, venez en aide, faites barrage avec votre corps, distrayez, faites semblant de connaître la personne harcelée, demandez l’heure ou le chemin à la personne qui harcèle, bref tous les moyens sont bons, tant que vous sortez du silence et faites preuve de courage civil.

Nous lançons le hashtag #staythefuckaway pour visibiliser et recenser vos expériences.

Pour des espaces publics safe pour tou.te.s*