OPINIONS

« Victime »

MILLE SEPT SANS prend le parti de n’utiliser le mot « victime » que lorsqu’il s’agit de l’employer dans un contexte juridique. Nous préférons parler de « personne subissant/ayant subi du harcèlement de rue », de « personne cible de harcèlement », de « personne ciblée par » ou de « survivant.e* ».

Tant que le mot « victime » aura une connotation négative et dévalorisante dans le langage courant, nous continuerons de préférer l’emploi des termes susmentionnés.

Disclaimer: Il incombe à chaque personne de choisir comment iels souhaite se définir. Notre prise de position quant à l’emploi du mot « victime » est personnelle et motivée par des expériences personnelles. Nous respectons et valorisons l’emploi du terme « victime » par les personnes bienveillantes et nous n’endossons en aucun cas les connotations négatives que ce terme pourrait revêtir. Nous valorisons toutes les expériences de harcèlement et nous nous portons solidaires dans le chemin de la guérison. Toutes les expériences de harcèlement et les traumatismes sont valides. 


L’auto-défense

MILLE SEPT SANS est d’avis que le harcèlement de rue est un problème sociétal issu de mentalités patriarcales et sexistes, renforcées par un système patriarcal et sexiste qui peinent à évoluer. La solution se trouve dès lors dans la sensibilisation et la prévention au sein des familles comme à l’école. C’est pourquoi MILLE SEPT SANS juge inutile d’inciter les personnes harcelées à suivre des cours d’auto-défense. Ces « solutions » sont fatalistes et abordent le harcèlement de rue en tant que réalité qu’on ne peut plus changer. Ce ne sont pas aux personnes qui subissent le harcèlement de rue de changer leur comportement, leur tenue vestimentaire, leur trajectoire, d’investir dans des canifs, sprays aux poivres ou cours d’auto-défense. C’est le harcèlement de rue qui doit être banni et c’est les personnes qui harcèlent de changer de comportement. Toutes les stratégies afin de remédier au fléau, qu’est le harcèlement de rue devraient être orientées vers la sensibilisation et la prévention. Ces deux actions encouragent le changement en profondeur et s’adressent au vrai problème.

Disclaimer: MILLE SEPT SANS valorise toutes les initiatives qui permettent à tout un chacun de s’émanciper, d’avoir une meilleure estime de soi, une meilleure confiance en soi. Cependant, nous dénonçons la multiplication de nombreux cours d’auto-défense destinés aux femmes et aux filles, alors que nous déplorons une absence totale de cours pour « apprendre à ne plus harceler ». L’auto-défense n’est pas une solution durable au harcèlement de rue. La sensibilisation et la prévention le sont. 


La pénalisation du harcèlement de rue

Cette rubrique est en cours de modification. Retour à la normale le 30.05.2020. Merci pour votre compréhension. 

[N.b. Utilisation du terme « victime » car contexte juridique]

MILLE SEPT SANS est fermement opposée à la pénalisation du harcèlement de rue que ce soit au niveau cantonal, comme au niveau fédéral. Augmenter la présence policière et donner des amendes ne changeront pas le fait que le harcèlement de rue existe, dérange et touche une grande proportion de la population. Pénaliser n’est pas rendre justice aux personnes affectées par ce fléau, il s’agit d’une mauvaise lecture du phénomène.

En cas de pénalisation, ce serait à la victime de harcèlement de rue de se déplacer vers un poste de police et d’y déposer plainte, action qui dure entre 45min et 1h30 en moyenne par plainte. Une plainte devrait être déposée contre chaque harceleuse*harceleur individuellement. Imaginez alors combien de plaintes devraient être déposées et combien d’heures la victime devrait passer au poste de police, si elle s’était faite harceler 5 fois par jour pendant 7 jours, par des individus différents et/ou des groupes de personnes. Le poids sur les victimes serait trop conséquent et l’on verrait l’apparition du phénomène « je laisse couler, car trop compliqué ». En résumé, pénaliser le harcèlement de rue, c’est pénaliser les victimes.

MILLE SEPT SANS ne soutient pas les initiatives qui se présentent comme des « solutions », alors qu’elles abordent le harcèlement de rue comme une réalité qu’on ne peut pas changer.

La pénalisation du harcèlement de rue renforce la stigmatisation des personnes de sexe masculin racisées, des personnes issues de la migration, des travailleuses*travailleurs du sexe, des personnes sans domicile fixe, ainsi que de toutes les autres personnes paupérisées ou marginalisées. Ces personnes sont trop souvent érigées en bouc-émissaires par certains partis politiques et certains médias. Elles ne sont pas plus criminelles, mais sont plus criminalisées.

Pénaliser c’est renforcer l’Etat policier et stigmatiser les populations les plus vulnérabilisées par les injustices et les inégalités. Active depuis février 2015, MILLE SEPT SANS est bien placée pour rappeler et répéter que les personnes qui harcèlent proviennent de tous les horizons et de toutes les classes sociales.

En résumé, pénaliser le harcèlement de rue c’est offrir une fausse solution à ce fléau. La sensibilisation et la prévention sont les seules solutions pour un changement durable et en profondeur. Lorsque les personnes cibles de harcèlement de rue, soit en majorité les femmes et les personnes LGBTQIA+ auront les mêmes droits et la même place dans la société que les hommes, le harcèlement de rue disparaîtra.