Le harcèlement de rue

Le « harcèlement de rue » est une expression qui désigne le harcèlement dans la rue et les espaces publics.

MILLE SEPT SANS définit cette forme de harcèlement de la manière suivante:

« Une sollicitation non désirée, donc non consentie d’une personne A envers une personne qui se produit dans la rue ou dans un espace public (ex. bar, café, club, terrasse, parc, commerce, gare, transports publics, etc.). »

Ces sollicitations non désirées peuvent prendre la forme de commentaires, d’insultes, de bruitages, de gestes obscènes, de regards insistants ou d’actions telles que suivre une personne inconnue, montrer ses parties génitales à une personne inconnue, se masturber devant une personne inconnue, toucher/pincer une personne inconnue, embrasser une personne inconnue, plaquer une personne inconnue contre un mur, se frotter contre une personne inconnue, etc.

Le harcèlement de rue commence dès lors que la personne A ne respecte pas le consentement de la personne B.

Le harcèlement de rue est une pratique sexiste et patriarcale qui réduit l’autre personne à un statut d’objet. Il s’agit également de l’exercice d’une forme d’intimidation, de discriminations ou d’enjeux de pouvoir de la part d’un groupe dominant, envers un groupe minoritaire. Les espaces publics sont donc des espaces genrés, essentiellement masculins. Ainsi, les femmes et les personnes LGBTQIA+ sont plus susceptibles de subir du harcèlement de rue, tout comme d’autres groupes minoritaires.

La pratique du harcèlement de rue peut être individuelle, dirigée contre une personne ou un groupe de personne OU une pratique de groupe, dirigée contre une personne ou un groupe de personnes.

Enfin, le harcèlement de rue contribue à instaurer un climat d’insécurité dans les lieux publics. Les personnes ont tendance à adapter leur comportement, leur trajectoire et/ou leur apparence physique, de peur de subir du harcèlement de rue. Tous les lieux publics devraient être ouverts à tou.te.s*, sans craindre de subir du harcèlement. Ne pas dénoncer le harcèlement de rue contribue à sa banalisation.

Adapter son comportement, sa trajectoire et/ou son apparence physique de peur de subir du harcèlement de rue, ça suffit!

C’est aux personnes qui harcèlent de cesser de reproduire cette pratique sexiste et patriarcale.

Des exemples concrets

Le harcèlement de rue, c’est concrètement: 

Insister après que la personne sollicitée a refusé de répondre à un échange verbal ou non verbal ou a exprimé une forme de « non ». Un silence ou une forme de « non » doivent suffire.

Faire un commentaire non désiré, basé sur l’identité de genre, les rôles de genre, l’orientation sexuelle et/ou amoureuse, l’apparence physique, la couleur de peau, l’appartenance ethnique, l’appartenance religieuse, le milieu social, l’âge, la tenue vestimentaire, etc. envers une personne inconnue ou un groupe de personnes inconnues.

Demander à une personne inconnue ou un groupe de personnes inconnues de sourire.

Siffler une personne inconnue ou un groupe de personnes inconnues.

Émettre des bruitages gênants envers une personne inconnue ou un groupe de personnes inconnues.

Faire des propositions à caractère sexuel à une personne inconnue ou un groupe de personnes inconnues.

Suivre ou imposer sa présence à une personne inconnue ou un groupe de personnes inconnues.

Faire des gestes obscènes à l’encontre d’une personne inconnue ou un groupe de personnes inconnues.

Regarder de manière insistante et déplacée une personne inconnue ou un groupe de personnes inconnues.

Montrer ses parties génitales et/ou se masturber devant une personne inconnue ou un groupe de personnes inconnues.

Le harcèlement de rue, une nouvelle pratique?

Le harcèlement de rue n’est pas une pratique nouvelle. C’est la dénonciation de celui-ci qui l’est. En effet, le harcèlement de rue est une pratique sexiste et patriarcale ancrée depuis la nuit des temps dans nos sociétés. Souvent reproduit et banalisé de génération en génération, c’est grâce au militantisme acharnée des féministes des trente dernières années et aux réseaux sociaux, que les femmes, les personnes LGBTQIA+ et les personnes issues d’autres minorités ont enfin acquis le droit à la parole et notre parole compte. C’est grâce à cette libération de la parole que l’accueil positif de la dénonciation du sexisme et du patriarcat dans la rue a été possible ces cinq dernières années.

Le harcèlement de rue étant une pratique ancrée profondément dans nos sociétés patriarcales, il faudra du temps pour le déconstruire. La sensibilisation et la prévention sont les deux pôles principaux de l’action de MILLE SEPT SANS.

Faire de la prévention auprès des plus jeunes en les informant sur la thématique est une mesure efficace pour tuer cette pratique à la racine.

La différence entre la drague et le harcèlement de rue

La différence entre la drague et le harcèlement de rue, c’est le CONSENTEMENT.

La drague est un jeu de séduction entre deux personnes CONSENTANTES. Le harcèlement de rue est quant à lui, une pratique qui ne respecte pas le consentement de l’autre.

Lorsqu’une personne A sollicite une personne B dans le but de la draguer, la personne A doit absolument être sûre que la personne B a donné son accord volontaire pour poursuivre le jeu de séduction.  Si la personne B reste impassible face à la sollicitation ou a exprimé une forme de « NON », la personne A doit cesser l’approche de drague, car il s’agit de harcèlement de rue à présent.

Néanmoins, la drague dans la rue ou dans un espace public a de grand chance d’échouer, car les femmes, les personnes LGBTQIA+ et les autres personnes issues de minorités sont souvent en état d’alerte permanent. En effet, elles ne perçoivent pas la rue ou les espaces publics comme des lieux d’échange, de partage et de drague, mais comme des lieux où harcèlement, agressions, viols peuvent potentiellement avoir lieux.

MILLE SEPT SANS tente de rétablir le respect, le partage, la bienveillance et les échanges dans la rue et les espaces publics. Elle ne tente pas de faire de la ségrégation entre les groupes de personnes.

En résumé, dénoncer le harcèlement de rue systématiquement et le combattre est fondamental pour rétablir les échanges entre tou.te.s*.

(Cliquez sur l’image pour l’agrandir)

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